Mon premier marathon!

Ça m’aura prit une bonne semaine avant de décanter ce premier marathon! Et comme j’ai dû raconter brièvement comment ça s’est passé au moins 10 fois, voici la version plus détaillée 😉

philadelphie-logo

En route…

Tout a commencé il y a 6 mois, le 23 mai dernier. J’avais enfin repris le dessus sur cet hiver qui m’avait énormément demandé physiquement et la course allait bon train. Le premier demi-marathon au Cap Tourmente approchait et, avec tout l’enthousiasme qui m’habite lors de mes quelques moments où je ne sacre pas après tout, je décidais sur un coup de tête que cette année serait la bonne. Après avoir manqué le bateau en 2015, je confirmais mon inscription pour le dernier marathon de l’année, celui de Philadelphie.

Avec 6 mois de préparation pour un parcours relativement plat (… on y reviendra à celui-là!), j’étais vraiment confiant que non seulement j’allais terminer les 42.2 km, mais que j’allais même réussir à faire un bon temps! Mais la route pour un marathon est longue. Pour ceux qui l’ont vécu ou ceux qui accompagnent des coureurs, on sait tous que la vraie épreuve dans tout ça, c’est le chemin qui mène à la ligne de départ! Le Jour J n’est au final que la récompense de tous nos efforts.

Durant ces 6 mois, j’aurai eu mes hauts et mes bas :
– 776 km parcourus;
– 2 jours et 19 heures si on met tout ça bout à bout;
– Au moins 8 semaines off sur blessures/voyage;
– Étirements aux arches plantaires;
– Inflammation aux métatarses;
– Ampoules;
– Problèmes de rotule, de bandelette, de gluteus maximus…

Si j’ajoute à ça les infections de Thaïlande, ça résume pas mal tout ce que j’ai enduré avant de me présenter sous le drapeau japonais, sur Benjamin Franklin Parkway!

… et je crois qu’une seule personne était au courant, mais j’ai passé très près de devoir tout canceller. Deux semaines avant le marathon, j’étais sur le Vimovo et le Cyclobenzaprine pour traiter mon hernie!!! Merci Sab d’avoir enduré mes plaintes…

Bon, ça doit pas mal faire le tour des histoires précédent ma fin de semaine en Pennsylvanie 😉

La veille…

C’est à 3h00 AM que je me suis pointé à l’Aéroport de Québec la veille de la course. Depuis déjà deux semaines que je me pratiquais à me lever très tôt, ça ne devait donc pas trop déranger pour cette fin de semaine finale. Mais lors de la marche vers les douanes à New York lors de mon transfert, après pourtant deux semaines à me sentir top-shape, mes arches de pieds ont commencé à cramper. Je devais marcher beaucoup ce samedi là, est-ce que mon choix de prendre mes souliers de randonnée (plus lourds, mais plus confortables) allait se virer contre moi?

En plus de la marche à l’Aéroport JFK et celle à Baltimore-Washington International, je devais parcourir environ 1.5 km entre mon hôtel et le métro à Philadelphie. Et comme il faisait environ 25°C avec un gros soleil, j’en ai profité pour marcher un peu et prendre quelques photos au centre-ville de Philadelphie. Tant qu’à marcher pour me rendre au Pennsylvania Convention Center…! Finalement, mes arches n’ont pas du tout aimé marcher sur Arch Street 😉 De retour à l’hôtel en fin d’après-midi, je devais avoir accumulé une dizaine de kilomètres de marche dans la journée. Beaucoup trop!!! En me préparant pour le lendemain, j’en ai profité pour m’étendre une épaisse couche de Voltaren!

D-Day…

3h30 AM : Les 3 alarmes sonnent et la longue préparation commence. Le taping sous les pieds, le second skin et la vaseline sur les orteils, le Body Glide sur les tétines… 😉 Essayer de manger une sandwich sèche au beurre de peanuts préparée il y a 24h, chercher du liquide pour avaler les Imodium afin d’éviter les port-a-john durant la course (ce liquide a d’ailleurs été difficile à trouver, pour une raison totalement incohérente il n’y avait aucune eau froide dans ma chambre! Juste de l’eau chaude!) et mettre les 3 couches de linge, car la température de 25°C ensoleillée sans vent d’hier est tombée à environ -6°C nuageux avec un fort vent! Puis, ce fut la longue marche vers la station de métro AT&T avec environ 30 minutes de retard sur mon horaire.

Durant tout le trajet de métro jusqu’à City Hall, je n’ai croisé aucun autre coureur. J’en étais presque à me demander si je ne m’étais pas trompé de fin de semaine! Heureusement, j’ai été vite rassuré en rejoignant la masse à JFK Plaza. J’étais seulement l’unique imbécile à avoir prit une chambre hors du centre-ville… 😉 Mon retard sur l’horaire n’aura finalement été que bénéfique, car je suis arrivé pile à l’heure pour l’ouverture de la sécurité. Il ne restait donc plus qu’à attendre 2h00 au froid et à chercher à me mettre à l’abri du vent. Disons que si je retourne courir à Philly, je serai moins pressé la prochaine fois!

C’est au lever du soleil que tout le monde s’est aligné dans les coraux de départ. À environ 10 minutes du lancement de la vague élite, tout le monde s’est départi de son linge chaud et l’adrénaline s’est mise à nous réchauffer! J’étais dans la 3e vague après les élites. Clairement pas à ma place, j’aurais préféré être dans la 4e! Mais rendu là…

La course

Sous les premiers vrais rayons de soleil, je suis passé sous l’arche de départ. Dès le premier mile marker, à City Hall, j’ai été surpris de ne ressentir absolument aucune raideur dans mes arches de pieds. J’ai donc pu profiter de l’ambiance et me concentrer sur ma vitesse : avec tout ce monde autour, il est très facile de partir beaucoup trop vite! Je dirais que mes 3 premiers miles ont été courus avec « moins vite! » qui me tournait en tête!

Si lors des deux premiers miles il y avait un peu de monde, les deux suivants plus au bord de la Delaware River avaient été plus calmes. Mais au 4e mile, l’ambiance de Philly s’est vraiment mise de la partie : un enfant déguisé en tigre, des speakers laissant sortir Eye of the Tiger à plein son, des fans nous tendant des bouteilles d’eau, de gatorade, des kleenex, des gels énergétiques… et à partir du 5e mile, ce fut tout simplement un moment magique : 2 miles complets sur Chestnut Street où il y avait une ambiance de feu! Pas un pouce de libre sur les trottoirs des deux côtés de la rue, des cris, des trompettes, des crécelles, des pancartes toutes plus originales que les autres. Lorsque je suis passé sur le tapis du 10 km, j’étais en parfait contrôle de mon corps et de ma vitesse, je n’aurais pas pu faire mieux. En fait, jusqu’au 9e mile, je n’avais que de bons feelings.

Mais c’est à ce 9e mile que la chute a commencé. Un peu après le zoo, une bonne côte est venue rappeler à mes arches qu’elles n’étaient pas dans leur plus grande forme. Je m’attendais à ressentir cette douleur, mais plus autour du 18e mile, pas du 9e!!! Et si on monte une côte, c’est que pas loin après on doit la redescendre. Sur le frein, ma bandelette droite a décidé à son tour d’envoyer des signaux d’inflammation dans mon genou. Avec la montre qui était en avance sur le parcours réel, le chemin vers le tapis du demi-marathon m’a paru vraiment long, surtout qu’il n’y avait à peu près plus de foule ni d’ambiance entre les miles 7 et 13.

Au tapis du demi, je ne pouvais évidemment pas m’arrêter pour prendre une pause. J’étais revenu en pleine foule, elle qui applaudissait l’arrivée des premiers élites. Mais rendu au mile 16.5, je n’en pouvais plus. Je devais stretcher un peu tout ce qui me faisait mal ainsi que faire un arrêt obligatoire dans un buisson. À la reprise, il restait 10 miles encore à parcourir, soit 16 kilomètres…

Quand on a mal en courant, il y a trois certitudes :
1- La distance à parcourir va sembler s’allonger au lieu de raccourcir;
2- Chaque arrêt sera de plus en plus pénible à repartir;
3- Le pattern de course va changer et ça va faire mal à de nouveaux endroits!

Déterminé à au moins faire un temps respectable au 30 km, j’ai focusé sur cet avant dernier tapis à chaque pas : le temps va se poster sur Facebook après tout! C’est avec environ 8-9 minutes de retard sur mon horaire que j’ai mis le pied sur ce tapis. Et là, tant pis pour le temps final, la marche allait faire partie de la suite des choses. J’ai démarré ma musique et j’ai essayé de rentrer dans ma bulle en alternant 1 km de course avec 500 mètres de marche. La boucle du 2e demi-marathon s’effectuait sur la même route, j’ai donc estimé à 30 minutes mon retard lorsque j’ai vu passer mon lapin de 3h45 en sens inverse (celui de ma vague de départ).

Au mile 19.5, j’ai finalement marché le virage en épingle qui m’amenait à la dernière ligne droite. Au même moment que je complétais le virage, les deux vertèbres où mon hernie ont décidé de s’emballer un peu, me donnant toute qu’une frayeur! Malgré tout, piétinant sur mon orgueil depuis un bout de temps, j’ai tout de même lâché la marche tant que la foule s’étirait sur le trottoir. Les encouragements venaient de partout. Pour cette course, notre nom est inscrit sur notre bib. Autant c’était difficile de mettre un pied devant l’autre, autant j’étais touché par tous ces parfaits inconnus qui s’étaient déplacés et qui, en ce moment précis, scandaient mon nom et m’encourageaient à ne pas lâcher! J’ai donc poursuivi mon rythme course-marche aussi longtemps que j’ai pu. C’est au 22e mile que le lapin de 4h15 m’a passé. Je savais donc que j’allais terminer au moins 30 minutes en haut de mon objectif de départ et au moins 15 minutes en haut de l’objectif révisé à cause du vent. D’ailleurs, ce maudit vent qu’on avait eu de face durant tout l’aller au bord de la Schuylkill River semblait avoir viré de bord juste pour nous écœuré! Un autre coureur m’en passa la remarque!

Bon, je sais, c’est quand même très négatif comme histoire tout ça. Mais du 15e jusqu’au 40e kilomètre, ça n’a pas été l’fun du tout!!! J’aurai eu le temps en masse durant ce temps pour évaluer mon manque d’entraînement, le mauvais choix d’hôtel, ce que je pourrais améliorer pour la prochaine fois, etc. Je vous conte ce que j’ai ressenti et vécu, mais en arrière de ça il y a une tonne de positif et je suis déterminé à mettre tout ça en application une prochaine fois afin de réaliser un temps beaucoup moins décevant!

Au 25e mile, sous le dernier drapeau, un marching band était installé. Je ne sais pas combien de fois ils ont dû jouer en boucle le thème de Rocky lors du marathon, mais c’est tout ce qu’il me fallait pour terminer cette course! Le dernier faux-plat montant sur Kelly Drive ne m’a paru que quelques enjambées et c’est avec un grand sourire que j’ai écrasé de tout mon poids le dernier tapis. Six mois venaient de se terminer sur cette dernière enjambée et, même si je suis très déçu de comment ça s’est déroulé au final, j’ai maintenant quelque chose que plus personne ne pourra m’enlever en plus de la détermination de recommencer :

philadelphie-medaille

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