PADI Rescue Diver

PadiLogoJ’ai délaissé un peu le développement de mon blogue le temps d’effectuer ma formation de Rescue Diver PADI! Les deux cours théoriques étant terminés, j’ai passé la dernière fin de semaine à la carrière Flintkote, à Thetford Mines, pour faire les cours pratiques. Deux jours plutôt marquants!

Jeudi dernier, j’ai passé la soirée chez mon instructeur Christian St-Pierre afin de terminer la formation théorique débutée la semaine précédente. Il nous restait 3 chapitres à voir et, comme Christian est le genre d’instructeur qui tient à ce qu’on comprenne bien ce qu’on fait et qui n’hésite pas à pousser la matière plus loin que ce que demande PADI, on a fini assez tard! La fatigue commençait donc déjà à venir rejoindre le stress qui, lui, augmentait à chaque jour. Puis, vendredi je me suis pointé à la Scubathèque pour louer mon équipement. J’ai pu dealer une location de demi équipement et j’en ai profité pour m’acheter une cagoule et des gants. Pensant être prêt à affronter les eaux froides de la Flintkote, je suis retourné à la maison et j’ai commencé à préparer mes bagages. Heure du lever demain : 5h30.

Durant la nuit, je n’ai pratiquement pas dormi. À 1h00 je regardais encore le plafond et à 4h30 j’étais complètement réveillé! Alors quand le réveil a sonné à 5h30, ça m’a prit un bon 20 minutes simplement pour arrêter de me promener en rond dans la maison 😉 J’ai alors paqueté l’auto et je me suis mis en direction de Thetford Mines : un bon 1h15 de route sur du Muse pour ne pas m’endormir! Arrivé le dernier, les filles (Majorie et Annie) étaient encore dans leur auto. On est allé rejoindre nos instructeurs Christian et Jonathan pour connaître le plan de la journée et, déjà là, on savait que la journée ne serait pas plaisante au niveau de la température! Sur la rive du lac, on commençait à geler! Allez, on met l’équipement et on saute à l’eau pour la première étape : l’auto-sauvetage. En gros, c’était de la base : comment soulager des crampes, établir notre flottabilité en surface, contrôler nos voies aériennes, utiliser les sources d’air de secours… Juste une révision de la base, mais avec le froid (j’espère en tout cas) on avait l’air d’une gang d’Open Water en formation! J’ai toutefois bien aimé quand Christian nous a fait respirer dans un détendeur non-purgé. Je ne pensais même pas que c’était possible!

Puis, on a passé aux deux premiers scénarios : le sauvetage d’un plongeur fatigué et le sauvetage d’un plongeur paniqué. Déjà là, j’ai eu besoin d’appeler Jonathan pour un auto-sauvetage, les deux mollets m’ont crampé instantanément! La journée ne fait que commencer et chaque coup de palme menace déjà de me faire crier… Ce n’était vraiment pas une question d’hydratation, à 45 pieds de profond la température était de 45°F et j’avais même arrêté de sentir le froid sur mes pieds alors les jambes commençaient à me faire signe qu’il fallait que je sorte. Ça n’a pas été trop long que c’est ce qui s’est passé, car lorsqu’on a débuté le troisième scénario, le sauvetage en surface d’un plongeur inconscient, Christian a tout arrêté en me voyant trembler. Rendu à la pause dîner, on n’avait donc complété que 2 scénarios sur 10… Un point bien intéressant avant de sortir de l’eau, Christian m’a demandé de le sauver alors qu’il brassait encore plus d’eau que ma laveuse. Je n’ai jamais osé m’approcher de lui… et il m’en a félicité! Règle #1 du Rescue : en tant que plongeur secouriste, on est là pour régler le problème, pas en faire partie! Si je m’était approché, il m’aurait carrément coulé 😉

Après dîner, Christian a eu pitié de moi et m’a prêté son dry suit. Eh oui, j’étais en wet suit durant toute l’avant-midi… À avoir vu les filles geler malgré leur dry suit, je n’avais pas trop d’attentes! Au final, l’eau s’est quand même infiltrée, mais j’étais beaucoup plus confortable. Gelé, mais sans me sentir mouillé.

L’après-midi a débuté avec un quatrième et un cinquième scénario : l’intervention à partir du rivage pour un plongeur conscient et les premiers soins en cas d’accident en rapport avec la pression et l’administration d’oxygène. Là, j’ai performé! Du moins, pour la première partie… j’ai ressorti mon passé de canot de rivière pour effectuer un lancé de sac à corde parfait en direction de ma victime! J’ai tracté Majorie à toute vitesse vers la rive, déchirant pratiquement son dry sur les roches, et là tout a dérapé. On ne fera jamais assez de procédures de réanimation! Toutes les étapes apprises dans le cours de RCR de la Croix Rouge étaient bien loin de mon cerveau, tout comme la gestion de l’administration d’oxygène apprise pourtant jeudi. Vive le stress, j’ai laissé Majorie mourir 😦

Les deux scénarios suivants se passaient au fond de l’eau : le plongeur en détresse sous l’eau et la remontée à la surface d’un plongeur inconscient. Pour le premier, je me suis planté encore une fois en donnant mon détendeur de secours à l’envers à Annie. La pauvre, elle a bu la tasse à 40 pieds de profond… Mais pourquoi ils font encore des détendeurs à sens unique?!? Pour le second exercice, là au moins ça très bien été. Ma gestion de la remontée était presque parfaite! Ça aidé à remonter le moral, qui commençait à être sur le bord d’être inconscient lui aussi. J’imaginais déjà Christian me refuser la certification…

De retour en surface, on a terminé le troisième scénario débuté en matinée (sauvetage en surface d’un plongeur inconscient) et Christian a mis un terme à notre journée dans l’eau lorsque qu’il nous a tous vu avec les lèvres bleues en train de shaker de partout. On a donc rangé notre équipement et on s’est dirigé vers l’incroyable Balmoral, notre hôtel à 2 km de la carrière. J’avais un second cylindre dans mon auto alors j’ai pris la direction de la douche chaude en attendant que mes comparses se tapent une virée jusqu’à Black Lake pour remplir les leurs. La douche chaude et les Corona fournies par Annie ont fait le bonheur de ma journée!

C’est dans la chambre des instructeurs qu’on a fait le débriefing de la journée. Christian et Jonathan nous ont rassuré en nous disant clairement que même si on n’avait pas performé, on avait au moins démontré qu’on connaissait nos bases et que c’était ça qui comptait au final. On a environ 5% des chances de sauver un plongeur inconscient sous l’eau alors tout ce qui compte c’est d’appliquer au mieux nos techniques pour maximiser les chances de la victime. Pour le reste, c’est à force de pratiquer qu’on va atteindre un seuil respectable de compétences. On a ensuite complété l’examen théorique, qu’on a tous passé avec grand succès, et on est allé souper. Et là, le fun a commencé! Un party d’école avec des profs de secondaire saouls, un bel esprit de gang qui s’était développé avec la journée et une P’tite Grenouille à l’intérieur de l’hôtel, il n’en fallait pas plus! J’ai tout même été sage en me couchant à 00h30, mais quand les instructeurs ont cogné à la porte à 8h30 le lendemain matin, disons que je m’en voulais un peu!

Cette deuxième journée n’était vraiment pas invitante et je ne parle pas des relents de lendemain de veille. La température avait du chuter d’une dizaine de degrés et le peu de soleil d’hier avait fait place à une légère bruine. Un dernier coup à geler et ça sera fini… Christian et Jonathan, arrivés sur le site un peu avant nous, en avait profité pour monter un scénario regroupant les derniers exercices afin de limiter le temps à passer dans l’eau.

On a donc simulé la recherche d’un plongeur disparu au fond de l’eau et ajouté à la suite le Rescue 7, consistant à donner la respiration artificielle dans l’eau tout en ramenant vers la rive et en déséquipant la victime. Finalement on sorti la victime de l’eau et donné les premiers soins pour terminer l’ensemble de nos scénarios. Avec toutes les répétitions, c’est venu compléter notre formation! On aurait pu terminer plus vite si Majorie n’avait pas échappé sa palme, celle-ci descendant tout doucement jusqu’à 50 pieds environ! J’ai dû m’arrêter à 40 pieds, pendant qu’Annie allait chercher la palme, l’eau étant trop froide pour mon wet suit et mon oreille droite refusant de bien s’égaliser. Bon, si je prends le temps de rire de la palme de Majorie, de son masque qui brise et du fait qu’elle a failli se noyer dans 3 pieds d’eau en allant préparer mon arrivée avec la victime, je vais avouer que je n’ai pas eu beaucoup plus de succès à me sortir de l’eau moi-même, obligeant Christian à prendre le relais pour la sortie de la victime pendant que mes doigts gelés refusaient de déclipper mes palmes et que la dernière sangle oubliée de ma veste me ramenait bien assis dans l’eau alors que j’essayais de me lever… le déséquipement sera un point majeur à pratiquer dans mes prochaines plongées… et le lead dans une situation d’urgence aussi!

C’est au restaurant qu’on est allé faire le débriefing complet de la formation. On s’est donné quelques trucs pour pratiquer nos techniques, on en aura bien besoin! Mais la base était là et, la philosophie de Christian n’étant pas le par cœur ou la perfection, mais plutôt la démonstration de nos compétences, nous avons tous passé notre formation!

La formation de Rescue Diver est reconnu comme étant l’un des cours de plongée les plus exigeants. Je ne pense pas que ce soit au niveau physique, mais plutôt au niveau de son importance et de tout ce que ça implique pour les prochaines années. Après avoir vécu cette formation, je peux confirmer qu’un mauvais plongeur secouriste ne pourra pas être un bon divemaster et que le seul moyen de devenir bon est de pratiquer constamment, de là l’exigence! La formation ne dure officiellement que 2 jours, mais ça sera le travail de toute une vie d’atteindre ne serait-ce qu’une satisfaction dans nos connaissances et notre pratique. Il s’agit ici de savoir identifier et prévenir des situations d’urgence afin de les éviter en plus de potentiellement sauver des vies, on ne sera donc jamais assez bons et c’est aussi ça que cette formation est venue nous montrer.

Je voudrais remercier encore une fois mes instructeurs, Christian St-Pierre et Jonathan Tremblay, pour leur enseignement, leur patience, leurs trucs et anecdotes et surtout pour avoir su transformer cette fin de semaine assez moche côté température en l’une des plus belles fins de semaine que j’ai eu depuis longtemps. Je me suis réveillé ce matin avec le sourire et l’impression d’avoir grandi. Dans les dernières semaines, j’ai énormément appris sur les différentes techniques de sauvetage, mais j’ai aussi beaucoup appris sur mes faiblesses et sur qu’est-ce que je dois améliorer afin de devenir un meilleur plongeur et un meilleur être humain. Merci les gars! Et merci à mes deux binômes, Majorie et Annie, qui ont su rendre tous ces scénarios difficiles beaucoup plus faciles! 🙂

On se revoit à la surface ou au fond de l’eau!

PADI Rescue Diver Team

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